Carnet de voyage d'Uranie Tardent du 19 juillet à début août 1822

CARNET DE VOYAGE VERS CHABAG D'URANIE TARDENT, DE VEVEY A LA BAVIERE

Vendredi 19 juillet 1822, départ de la Place du Marché de Vevey
Arrivée à Moudon le vendredi 19 juillet 1822
Dimanche est lundi 21 et 22 juillet 1822 à Avenches
Ossuaire de Morat
Journée à Berne, vendredi ou samedi, 26 ou 27 juillet 1822
Baden
Zurich vu du lac de Zurich
La jolie petite ville de Saint-Gall
Bregentz au bord du lac de Constance
Au large de Friedrichshafen, 9 kilomètres au nord de Gmünd



19 JUILLET 1822 - HIVER 1822-1823
Première migration suisse vers Chabag, présentation des membres, du voyage et de son ressenti d'Uranie Tardent. Préface importante au sujet de l'optique choisie à la relation de ce voyage.




3 AOUT - 13 AOUT 1822
De la Bavière à l'Autriche par Kempten im Allgäu, Kaufbeuren et Munich, Braunau et Wels.




15 AOUT - 30 AOUT 1822
De l'Autriche à la Pologne par Melk et son abbaye, Vienne.




SEPTEMBRE - OCTOBRE 1822
De la Pologne à Akkerman en Bessarabie par Lemberg, Czernowitz, Novoselytsia et sa capitale Kichinyov.




HIVER 1822-1823
Installation pour l'hiver des futurs Chabiens à Akkermann sur la rive du Liman Dniestr, impressions d'Uranie Tardent sur la vie à Akkermann.

DE VEVEY A LA BAVIERE, 19 JUILLET-DEBUT AOUT 1822

De Vevey à la Bavière par Moudon, Avenches, Morat, Berne, Lenzburg, Baden, Zurich, Saint-Gall, Höchst, Bergenz et Gmünd

Adieu Vevey [vendredi 19 juillet 1822], adieu mes amies ! Dans mes moments de loisir je ne pourrai plus aller auprès de vous, pour recevoir les marques d'amitiés dont vous n'avez jamais cesser de me combler. Hélas je vais bien loing et ne trouverai que des coeurs froids.

Arrivée à Moudon [vendredi 19 juillet 1822] mon courage est prêt à me quitter ; la veille j'étais entourée de personnes qui s'intéressaient à nous, ici je ne vois que la figure intéressée d'un aubergiste et une pluie battante qui nous retient ici pour la nuit.
Le lever de l'oror [samedi 20 juillet 1822] nous donne le signal du départ, une journée brulante nous incommode beaucoup. Les enfants sont assez sages, Antoinette [née le 1er janvier 1821] est peu pénible et s'amuse avec les deux autres petites. Une chose qui m'amuse et m'ennuie est l'etonnement des bons villageois lorsqu'ils nous voye passer en si grande caravanne, car nous marchons quelquefois tous [illisible]. Nous sommes resté dimanche est lundi [21 et 22 juillet 1822] à Avanche [Avenches], ou j'ai été accuellie avec tendresse par la brave famille Berguer, dont un des fils [le jeune pharmacien Henri Berguer] part avec nous, et mon mari nous a rejoins et nous partons. Nous voyons de loin, près de Morat, un échafaudage, arrivés près nous découvront que c'est un monument que l'on construit à la place de l'ossuaire et pour perpétuer la mémoire de la victoire des braves Hélvétiens et la défaite de Charles le Hardi [victoire des Suisses sur Charles le Téméraire que ses contemporains qualifiaient plus souvent de Hardi ; le 22 juin 1476, les Confédérés ne font pas de quartier et perdent 410 hommes, le Duché de Bourgogne perd environ 10'000 hommes].

Berne [vendredi ou samedi, 26 ou 27 juillet 1822] me plaît d'autan mieux que je m'en était faite une idée moins avantageuse, mais j'ai beau faire, l'ennui me gagne. Je vais faire un tour de ville. J'ai appris dans ma promenade que l'on venoit de sortir de prison un jeune homme de 30 ans, pour le mener à son village subir la sentance qui vien d'être jugée contre lui pour avoir assasiner sa maîtresse [avec un couteau] le jour qu'il lui faisoit acroire qu'il voulait la marier ; il est condemné à être roué et pendu. Cette exécution se fera demain, presque sur notre route [illisible] il est le premier à s'aider á la Chercher et fait le désolé et s'aide à la rapporter. Comme rien ne doit rester caché, on a découvert son crime et il a été condanné à être roué et pendu. Dès les quatre heures du matin la route est couverte d'une grande quantité de monde qui vont voir ce terible spectacle. Son premier projet était de l'étrangler pendant son someil. Cet affaire n'a pas été propre a mégaier.

[Samedi ou dimanche, 27 ou 28 juillet 1822]. Nous voilà de nouveau a troler [trôler : (populaire, vieilli) se déplacer sans but précis, flâner, traîner] d'auberge en auberge, et le plus souvent nêtre pas très bien [illisible]. Ce matin, une heure après notre départ de Linsbourg [Lenzburg], j'ai fait l'agréable rencontre du cousin Jaques [Jacques Tardent, 1799-1838]. Après l'avoir embrassé je suis obligée de le quitter et nous allons diner a Badén. Dela nous allons coucher a Zurich. Là nous arrangeons de nouveau nos effets pour nous décharger. Cela fait nous faisons un tour de ville, qui est bien plus fatigante que Berne à cause de son mauvais pavé ; l'entrée de la ville est jolie ; là j'ai vu tous les députés et leur suite sortir de l'otel ou la diette s'assemble [Les autorités de la Confédération ne siègeront qu'à Berne qu'après septembre 1848]. Coup d'oeil en passant ; du millieux de plusieurs rangs sont sorti des salut pour mon mari. Je n'ai pas eu l'honneur de connaitre ces messieurs.
Mon mari est alié chez les ambassadeurs pour viser nos pasports. Nous sommes arrivés fort tard dans une mauvaise auberge, dont je suis bien aise de sortir pour aller diner a StGalle, jolie petite ville, [illisible]. [A Saint-Gall, Chevalley a cassé une roue avant de son char. Il doit en acheter une autre et l'utiliser jusqu'à Munich]

Le 2 août à 11 heures du matin nous quittons la Suisse pour traverser en bateau le Rein [Rhin] et entrer sur le premier endroit autrichien, où on nous fait une visite domiciliaire qui ne laisse pas d'être tres déesagréabie. Si en Suisse nous n'avons pas eu cela, en revanche trois ou quatre fois il a fallut payer des péages et [illisible] quelques fois très onéreux, ainsi on est écorché dans sa patrie comme ailleurs ; cependant j'ai quitté le téritoir suisse avec un serrement de coeur, et un mélange de plaisir d'avancer chemein.
La diversite des costumes, des cites et mes occupations avec les enfants, ont fait passer le tems plus vite que je ne my attendois. Tout notre monde va bien et la gaiété règne parmi eux.
Le premier diner que nous faisons sur le territoire autrichien dans le village de St-Jean Höchst [Höchst] m'a divertí d'abord, on nous l'a servi en dépit du bon sens, et puis j'ai en perspective la figure la plus grotesque qu'il soit possible d'avoir, un petit homme, taciturne, habillé en rouge, de forme plus que gotique, le tout surmonté d'un chapeau a trois pointes.

Nous repartons pour gagner la Bavière que nous devons traverser pour rentrer en Autriche à nouveau. C'est pour cotoyer les jolis bords du lac de Constance que nous cheminons ; aussi je préfère une fois sur les bords marcher pour jouir de la vue magnifique que nous procure le coucher de soleil ; combien cela me rappelle notre Léman. Nous passons par la jolie petite ville de Bregentz. Nous arrivons pour la nuit à Gmünd [9 kilomètres au sud de Friedrichshafen], frontière de la Bavière, où nous trouvons une seconde douane, dans laquelle il faut subir les mêmes cérémonies qu'à la frontiére d'Autriche. Là nous avons trouvé une bonne auberge et propre. On a dans ces contrées une singuliére méthode de laver les ustensiles de ménage : ils prennent de la sciure et frotent les assiettes, cuilliéres ; avec, ensuite, une brosse enlève [illisible].
La coiffure est singulière qui me plait assez, ce sont des espéce de bonnet noir de la forme [illisible] qui s'adapte sur le derriére de la tête, un grand neu de ruban repand sur le col, tout le dessus de la tête est nud car ces petits panier n'ont pas de bardet [petit bord ?], d'autres sont plats et ont une bande blanche en forme d'aile de nos chapeau, qui se lave facilement et est assez gracieux.

¦ Vers Chabag      





Idées suisses   |   Séjour en Suisse   |   L'Allemagne   |   Bataille de Marignan    |    Rêve Voyages    |    Séjours    |    Soleil - Mer    |    Idées week-end   |   Avion vols


Référencement, positionnement  du voyage de Vevey à la Bavière