Carnet de voyage d'Uranie Tardent du 3 au 13 août 1822

CARNET DE VOYAGE D'URANIE TARDENT, DE LA BAVIERE A L'AUTRICHE

L'Europe en 1815
Allemagne en 1820
Bavarois
Passage par Kempten im Allgäu le 3 août 1822
Ludwigstrasse à Kaufbeuren de nuit
Ménagerie vers 1800
Cathédrale Notre-Dame de Munich
Paysage de l'Isar près de Munich vers 1800
10 août 1822, Braunau am Inn
Carte de l'Autriche
Malette de chirurgien au début du XIXème siècle
Wels, mercredi 13 août 1822



19 JUILLET 1822 - HIVER 1822-1823
Première migration suisse vers Chabag, présentation des membres, du voyage et de son ressenti d'Uranie Tardent. Préface importante au sujet de l'optique choisie à la relation de ce voyage.




19 JUILLET - 2 AOUT 1822
De Vevey, sur les rives du Léman, à la Bavière par Moudon, Avenches, Morat, Berne, Lenzburg, Baden, Zurich, Saint-Gall, Höchst, Bergenz et Gmünd.




15 AOUT - 30 AOUT 1822
De l'Autriche à la Pologne par Melk et son abbaye, Vienne.




SEPTEMBRE - OCTOBRE 1822
De la Pologne à Akkerman en Bessarabie par Lemberg, Czernowitz, Novoselytsia et sa capitale Kichinyov.




HIVER 1822-1823
Installation pour l'hiver des futurs Chabiens à Akkermann sur la rive du Liman Dniestr, impressions d'Uranie Tardent sur la vie à Akkermann.

DE LA BAVIERE A L'AUTRICHE, DU 3 AU 13 AOUT 1822

De la Bavière à l'Autriche par Kempten im Allgäu, Kaufbeuren, Munich, Braunau et Wels

Dans les montagnes qu'il faut traverser à l'entrée du royaume de Bavière, on a peine à distinguer les femmes d'avec les hommes ; ils portent un tablier si emple que c'est parfaitement comme une jupe et une veste sans pan ou qui sont caché par le tablier ; ils sont en culotte courte de peau et la plupart sans bas. Les femmes sont parfaitement commes les hommes ormis les culottes ; elles portent des chapeaux noír d'homme, et ont des figures aussi grosse et noir qu'eux ; enfin je n'en ai pas vu une passable.
Les routes sont très bonnes, mais il faut touiours monter ou descendre. Dans un endroit je me croyais à Château-d'Oex, une fois dans la vallée d'Ormont dessous ; ces vallées sont remplies d'habitation, quelques une feraient honneur a une ville ; on y trouve d'assez bonnes auberges, plusieurs richement montées.
[Dans la Bavière, je casse la flèche ou le timon de mon char par ce qui était de mauvais bois et qui se ressentait de la fracture de la roue, dixit Jacob Samuel Chevalley]

Hier nous avons passé par Kempten [Kempten im Allgäu], petite ville très jolie, plusieurs batiments resemblent à des palais ; là on nous a beaucoup regardé.
Ils n'ont pas pu deviner ce qu'était cette file de chars avec tant de grand et petit monde ; nous sommes venus coucher au village de Kaufbeuren, ou nous sommes restés le dimanche matin 4 août, d'ou nous avons écrit à Vevey [illisible] à Kaufbeuren nous avons à peine trouvé du pain et de la soupe, à cause d'une fête qui a eu lieu ce jour, il parait que l'appétit ne leur avait pas manqué. Là nous avons quitté les montagnes et cheminons dans de belles plaines bien cultivées, mais presque toutes dégarnies d'arbres fruitiers.
Quelques fois je compte huit à dix villages à la fois ; tous paraissent beaux, mais les habitants sont très laids et mal vétus. La coiffure des femmes n'a sûrement pas été inventée ansi que le reste des vétemens par les grâces. Nous passons assez souvent par des fôrets qui coupent fréquemment les plaines ; que ce mot Mesdames, ne vous fasse pas voir des légions de bandits le pistolet au poing.
La route qui les traverses est très large, et il y a un espace jusqu'aux arbres. Un accident ayant retenu mon mari en arrière, les chars ont continués a cheminé, mais nous fumes plus tard en route, et je pris le plaisir à marcher avec deux de mes enfants tout le long d'une belle foret par un beau clair de lune sans aucune crainte.

Voilà aujourd'hui trois semaines que nous sommes partis de Vevey ; notre voyage se fait plus promtement depuis que nous avons un quatrième cheval [dans une lettre adressée en Suisse, début 1823, Jean-Louis Plantin se plaint d'avoir dû gouvener quatre chevaux tout au long des trois mois de voyage, ce qui était assez pénible]. Nous avons passé aujourd'hui dans une ville dont toute la grande rue est de maisons sans toit ou à terrasses.

Le sept au soir [mercredi 7 août 1822] nous entrons dans la belle ville de Munich, au son des instrumens qui font danser un singe et qui égaie ceux qui vont voir la ménagerie qui est a l'entrée de la ville. Le matin je vais avec mon mari faire un tour de ville et faire vise les passeport. La cathédrale est très vaste et belle, je suis entrée et ai fait une petite prière indigne dans un temple catolic. La façade du palais royal est simple, mais l'interieur et les galeries et les jardins sont beau. Cela fait un drole d'effet ; il parait que toutes ces villes sont peu peuplées, car on y voit peu d'habitations, et les rues garnies d'herbe qui croit dans le pavé.
[A Munich, Chevalley fait réparer la roue cassée à Saint-Gall et la remet en place]

Aujourd'hui 10 août nous rentrons en Autriche. Quelques heures après être en chemin ce matin, je commençais à m'endormir lorsque un bruit très grand me réveille en surceau, et je suis toute étonnée de voir un orage terible, pret à renvercer nos équipages accompagnée d'une violente pluie qui heureusement n'a pas duré trop ; peu après nous sommes entrés dans Braunau, première ville autrichienne, où nous avons subi une fouille plus rigoureuse que la premiére fois, ce qui m'a mis de fort mauvaise humeur, surtout à cause de la pluie qui avait recommencé avec violence ; mais que faire, il faut y passer.

12 août, jour tragique pour nous. les enfans Chevalai [Chevalley] sont très pénibles et ne connoissent point l'obéissance ; on a beau leur répéter mille fois de faire attention, qu'il leurs arrivera un malheur. Personne de ce malheureux char ne vous écoute. Il y a une cinquième roue attachée sous leur char. Le second des fils Chevallay [Juste] s'acied dessus et s'amuse avec ses pieds sur les rayons ; le char roulait assez vite, l'enfant tombe, la roue de derrière lui passe sur la jambe, la casse et meurtrit l'autre. Je suis la première qui de ma place voit ce malheur, je saute abas, tout le monde en fait autant, on couche le petit dans le char, et nous cheminons ; il nous restait une lieu [lieue suisse (wegstund) = 4,480 km] à faire jusqu'à la ville ou nous devions coucher [Wels] ; mon mari prend les devans pour faire avertir un chirurgien, on en trouve un fort doux, qui ordonne après avoir bandé les jambes, ce qu'il faut faire toute la nuit pour disiper l'enflure, afin de la remettre le matin. Nous passons la nuit dans la même chambre, il a été assez tranquil. Aujourd'hui [mercredi 13 août 1822] entre sept et huit, le chirurgien aidé d'un jeune homme qu'il a amené, du père et de mon mari, a remis la jambe ; heureusement que le gros des os n'a pas été cassé, ce qui fait que nous pourons continuer notre voyage. On l'a couché dans le char ou il est aussi bien que sur un lit, il n'y a que les secouces qui l'incomode un peu ; heureusement que nous sommes dans les plaines et que la route est fort belle. Jugez Mesdames combien cela m'a peiné et les soins que je dois prendre pour qu'on ne fasse plus d'imprudences et préserver les miens a qui ils n'est encore rien arrivé ; ils se portent très bien tous, les petites s'engraissent et les petits ne maigrissent pas, ils sont tellement fort et robuste que je m'en étonne et me réjouit.
[La roue lui casse la jambe. Heureusement que nous n'étions qu'à 2 lieues d'une ville assez conséquente et qui se trouve un bon chirurgien. Le plus à craindre c'est pour les jours suivants d'une seconde fracture et les chaleurs qui faisait. Je ne pus le rabiller que le lendemain acause de l'enflure et se remettre en marche de suite écrira Jacob Samuel Chevalley]
Aprés le pansement je suis décendue pour déjeuner avec les enfants ; un instant après on introduit une dame qui s'adresse à mon mari en lui demandant s'il est vrai qu'il aille à Odessa ; on lui répond, je me lève pour lui présenter un siège, et nous apprenons que cette dame a un frère a Odessa, qu'elle est de Francfort [Francfort-sur-le-Main] et niéce de Monsieur Cattoir ; nous présumons d'après ce qu'elle nous a dit que c'est celui ou est notre cousin Jacques Tardent ; enfin elle nous donne l'adresse de son frère et prend la nôtre, nous fait part de plusieurs sirconstances, nous presse nettement d'aller chez elle, afin de pouvoir dire au frère que nous avions vu la demeure et sa jolie filie ; nous avons reçu mille politesses et des voeux pour tout ce qui nous concerne. Cette dame est fort aimable, parle bien français et est d'un rang distingué.

Vers Vevey ¦ Vers Chabag      










Chabag : colonie suisse de Chabag
L'Allemagne   |   Vacances Autriche   |   Séjour à la montagne   |   Découverte de la Suisse   |   Fruits de saison   |   Pâtes à pain   |   Chirurgien   |   Avion vols


Référencement, positionnement du voyage de la Bavière à l'Autriche