|
![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() 19 JUILLET 1822 - HIVER 1822-1823 19 JUILLET - 2 AOUT 1822 15 AOUT - 30 AOUT 1822 SEPTEMBRE - OCTOBRE 1822 HIVER 1822-1823 |
Dans les montagnes qu'il faut traverser à l'entrée du royaume de Bavière, on a peine à distinguer les femmes d'avec les hommes ; ils portent un tablier si emple que c'est parfaitement comme une jupe et une veste sans pan ou qui sont caché par le tablier ; ils sont en culotte courte de peau et la plupart sans bas.
Les femmes sont parfaitement commes les hommes ormis les culottes ; elles portent des chapeaux noír d'homme, et ont des figures aussi grosse et noir qu'eux ; enfin je n'en ai pas vu une passable.
Hier nous avons passé par Kempten [Kempten im Allgäu], petite ville très jolie, plusieurs batiments resemblent à des palais ; là on nous a beaucoup regardé.
Voilà aujourd'hui trois semaines que nous sommes partis de Vevey ; notre voyage se fait plus promtement depuis que nous avons un quatrième cheval [dans une lettre adressée en Suisse, début 1823, Jean-Louis Plantin se plaint d'avoir dû gouvener quatre chevaux tout au long des trois mois de voyage, ce qui était assez pénible]. Nous avons passé aujourd'hui dans une ville dont toute la grande rue est de maisons sans toit ou à terrasses.
Le sept au soir [mercredi 7 août 1822] nous entrons dans la belle ville de Munich, au son des instrumens qui font danser un singe et qui égaie ceux qui vont voir la ménagerie qui est a l'entrée de la ville.
Le matin je vais avec mon mari faire un tour de ville et faire vise les passeport.
La cathédrale est très vaste et belle, je suis entrée et ai fait une petite prière indigne dans un temple catolic.
La façade du palais royal est simple, mais l'interieur et les galeries et les jardins sont beau.
Cela fait un drole d'effet ; il parait que toutes ces villes sont peu peuplées, car on y voit peu d'habitations, et les rues garnies d'herbe qui croit dans le pavé. Aujourd'hui 10 août nous rentrons en Autriche. Quelques heures après être en chemin ce matin, je commençais à m'endormir lorsque un bruit très grand me réveille en surceau, et je suis toute étonnée de voir un orage terible, pret à renvercer nos équipages accompagnée d'une violente pluie qui heureusement n'a pas duré trop ; peu après nous sommes entrés dans Braunau, première ville autrichienne, où nous avons subi une fouille plus rigoureuse que la premiére fois, ce qui m'a mis de fort mauvaise humeur, surtout à cause de la pluie qui avait recommencé avec violence ; mais que faire, il faut y passer.
12 août, jour tragique pour nous.
les enfans Chevalai [Chevalley] sont très pénibles et ne connoissent point l'obéissance ; on a beau leur répéter mille fois de faire attention, qu'il leurs arrivera un malheur.
Personne de ce malheureux char ne vous écoute.
Il y a une cinquième roue attachée sous leur char.
Le second des fils Chevallay [Juste] s'acied dessus et s'amuse avec ses pieds sur les rayons ; le char roulait assez vite, l'enfant tombe, la roue de derrière lui passe sur la jambe, la casse et meurtrit l'autre.
Je suis la première qui de ma place voit ce malheur, je saute abas, tout le monde en fait autant, on couche le petit dans le char, et nous cheminons ; il nous restait une lieu [lieue suisse (wegstund) = 4,480 km] à faire jusqu'à la ville ou nous devions coucher [Wels] ; mon mari prend les devans pour faire avertir un chirurgien, on en trouve un fort doux, qui ordonne après avoir bandé les jambes, ce qu'il faut faire toute la nuit pour disiper l'enflure, afin de la remettre le matin.
Nous passons la nuit dans la même chambre, il a été assez tranquil.
Aujourd'hui [mercredi 13 août 1822] entre sept et huit, le chirurgien aidé d'un jeune homme qu'il a amené, du père et de mon mari, a remis la jambe ; heureusement que le gros des os n'a pas été cassé, ce qui fait que nous pourons continuer notre voyage.
On l'a couché dans le char ou il est aussi bien que sur un lit, il n'y a que les secouces qui l'incomode un peu ; heureusement que nous sommes dans les plaines et que la route est fort belle.
Jugez Mesdames combien cela m'a peiné et les soins que je dois prendre pour qu'on ne fasse plus d'imprudences et préserver les miens a qui ils n'est encore rien arrivé ; ils se portent très bien tous, les petites s'engraissent et les petits ne maigrissent pas, ils sont tellement fort et robuste que je m'en étonne et me réjouit.
|
|
| L'Allemagne | Vacances Autriche | Séjour à la montagne | Découverte de la Suisse | Fruits de saison | Pâtes à pain | Chirurgien | Avion vols |