









19 JUILLET 1822 - HIVER 1822-1823
Première migration suisse vers Chabag, présentation des membres, du voyage et de son ressenti d'Uranie Tardent.
Préface importante au sujet de l'optique choisie à la relation de ce voyage.
19 JUILLET - 2 AOUT 1822
De Vevey, sur les rives du Léman, à la Bavière par Moudon, Avenches, Morat, Berne, Lenzburg, Baden, Zurich, Saint-Gall, Höchst, Bergenz et Gmünd.
3 AOUT - 13 AOUT 1822
De la Bavière à l'Autriche par Kempten im Allgäu, Kaufbeuren et Munich, Braunau et Wels.
15 AOUT - 30 AOUT 1822
De l'Autriche à la Pologne par Melk et son abbaye, Vienne.
HIVER 1822-1823
Installation pour l'hiver des futurs Chabiens à Akkermann sur la rive du Liman Dniestr, impressions d'Uranie Tardent sur la vie à Akkermann.
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POLOGNE-BESSARABIE, SEPTEMBRE-OCTOBRE 1822
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Jusqu'à présent nous avons trouvé partout sur les routes des fruits à acheter, à Vienne surtout et dans ses environs ; nous avons mangé du raisin rouge et du blanc, bon, le rouge surtout, des paiches et des poires très douce et belle, mais pas de celles de St-Claire ; des prunes et reine-claudes je n'en ai pas vu.
Nous continuons à être tous bien portant ; le petit Chevalai [Juste Chevalley] n'a presque pas été malade de sa jambe, elle va bien, il peut la porter lui-même d'une place à l'autre ; quel bonheur pour tous que les suites n'aye pas été mauvaise ; deux jours après on ne s'est plus apperçu au'il y a une jambe cassée dans le convoi ! [Ce n'était pas l'avis de Jacob Samuel Chevalley à Vienne]
Si je ne me trompe pas c'est aujourd'hui, 1er septembre [dimanche 1 septembre 1822], un jour de communion.
Je suis entrée dans un temple pour y faire ma dévotion.
Combien cette simplicité de la nature élève l'âme.
J'ai encore eu le plaisir d'entendre l'orgue, quoique dans un endroit bien simple, mais situé dans un cite très joli, à terres bien cultivées, des villages très rapprochait les uns des autres, dont les maisons sont de vraies chaumières, les habitans analogues aux habitations.
Les terres sont très bien cultivés et paraissent bonnes.
Nous voyons partout de beau champs ; cependant le paysan est fort pauvre, puisqu'il est obligé de travailler trois jours de la semaine pour le seigneur et encore de payer au Gouvernement [illisible].
Je ne crois pas qu'il y aie un peuple plus sale, plus rustre et plus ignorant [illisible] tout cela mélé de juifs fait un sot peuple dans un beau et bon pays.
Limberg ou Léopold [Lemberg, autrichienne en 1822, ou Léopol, Lvov, Lviv] est une grande ville dans laquelle il y a de superbes maisons.
La soirée elle est plus belle que le jour, parce qu'elle est toute illuminée, chaque maison a son fallot et beaucoup de croisées qui sont des glaces, ce qui reflette les lumières et produit un beau coup d'oeil très agréable ; on y trouve dans toutes les rues des hommes avec des fallots pour vous éclairer et vous conduire ou vous désiré ; il y a aussi quelques fiacres.
Dans peu nous entrerons en Russie en passant par la Bucovine [la Bucovinie, ou Boucovine, le Pays d'en Haut de la Moldavie, adossée aux Carpates, est autrichienne du traité austro-ottoman du 4 mai 1775 à l'effondrement de l'Empire austro-hongrois en 1918], combien je m'impatiante d'arriver.
Je te salue, Dniester [Dniestr, Nistru], toi qui fertilise nos prairies et qui forme de tes ondes transparentes un bienfaisant lac pour retracer le tableau de ma belle patrie.
Nous venons de passer le fleuve sur un bateau ; de la nous sommes arrivés à Chernovtsy [Chernivtsi ou Tchernivtsi, Czernowitz à l'époque autrichienne] la capitale de la Bucovine, jolie ville sur le Pruth [ou Prout].
Nous y avons fait quelques provisions et en sommes repartis par un froid très piquant et la pluie qui a gâté la route, et qui nous retarde, parce qu'ici les routes ne sont pas chargées.
[Dès ce jour le calendrier julien remplace le calendrier grégorien], Nous voici aux frontières à Novazelitz [Novoselytsia, Novoselitsa], ; là nous sommes très bien reçus par les chefs Russes, ils nous font même des offres de services, on ne nous fait aucune question sur nos voitures n'y sur ce qu'elles contiennent.
Le général Insof, gouverneur de toute la province [Général Inzov, gouverneur et représentant du tsar] [illisible], instruit de notre arrivée par une lettre de mon mari, avait de suite donné ses ordres a la frontière pour nous aider en cas de besoins.
Nous traversons la province d'un bout a l'autre ; les deux extrémités sont de superbes pleines, mais l'intérieur n'est que des mons continuels.
Kichinof [Kichinyov, Kichinev, Chisinau] est une ville de 30 mille âmes, très commerçante, où on trouve tout ce qu'on peut désirer, et dans laquelle il y a beaucoup de seigneurs, surtout des Boyards moldaves et valaques, qui se sont réfugiés ici pendant la révolte ; ils vont tous renter à Jassy.
[Le Général Inzov, responsable devant le tsar de l'installation suisse à ce qui est encore Achabag, les acceuille en personne à Kichinev]
Nous allons dans les meilleures maisons de la ville, chez des colonels, des généraux tous gens fort aimables et parlant bien françois.
Nous avons longtemps cotoyé le Pruth et n'y avons point trouvé de troupes ; partout nous avons vu reigner la tranquillité, et dans ce moment nous sommes à 4 lieue de la Moldavie, aussi en sureté et en paix que partout ailleurs.
D'après ce que nous disent les gens du pays, il n'est plus de troupes que celles qui sont ordinairement sur les frontières [illisible].
Voici la manière dont les Russes vous reçoivent lorsque vous leur faites visite.
Je suis entrée dans la chambre, la dame est venue m'embrasser et me faire assoir sur le canapé ; le Mr. vient vous baiser la main ; ensuite un domestique apporte sur un cabaret des verres, avec un bocal d'excellente confiture et deux cuillères à café ; il est venu me présenter cela, j'ai bu une cuillère de Confiture que j'ai mangée et ensuite j'ai bu de l'eau ; les autres en ont fait autant ; en les quittant j'ai fait ma révérence et mon mari a baisé la main de la dame qui, au même instant, lui a rendu son baiser sur la joue, selon l'usage du pays.
Ne croyez-vous pas, Mesdames, que si cette coutume de saluer les dames en Suisse était établie, que bien des Messieurs feraient plus souvent des visites ?
Nous voici arrivés enfin au terme de notre voyage [A Akkerman, Ak-Kerman, Cité Blanche, la Cetatea Alba roumaine, la Bilhorod-Dnistrovskyï, Belgorod-Dniestrovski russe et ukrainienne, vendredi 29 octobre 1822, 11 novembre 1822 au bord du Léman] ; la saison froide se fait sentir de bonheur cet année, car le second jour [samedi 30 octobre 1822] de notre arrivée le froid c'est fait sentir ; cela a duré plusieurs jours, et ensuite il a fait assez longtemps plus agréable.
Nous reçevons de 1a police des logement pour tout le temps que nous n'auront pas de maisons à nous, puisque pendant l'hiver nous ne pouvons pas beaucoup nous occuper de cela, ce qui nous est avantageux puisque les logements sont fort chers, quoique misérables.
C'est vraiment comique de voir sortir des cours (chaqué maison en posséde une) des équipages élégants, et des dames qui ne le cèdent en rien a nos plus élegantes dames de Suisse, ainsi qu'en politesse.
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