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![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() ![]() AVENTURES COLONIALES SUISSES COLONS SUISSES SUR LA VOLGA EMIGRATION VERS LE BRANDEBOURG DEBUT DES EMIGRATIONS VERS VEVAY ESTAVAYER-LE-LAC - NOVA FRIBURGO D'ORON VERS DES TERRES INCULTES DU LAC LEMAN AU LIMAN DU DNIESTR |
Le voyage vers la Crimée débute en automne 1803 à Constance. Le groupe se composait de plus de 240 personnes, dont 155 provenaient du canton de Zurich, principalement de Bonstetten, Hausen, Hirzel, Mettmenstetten, Seebach et Wallisellen. Il sera dirigé par l'ancien marchand Hans Caspar Escher. Après la faillite de son entreprise en 1789, Hans Caspar Escher est entré au service de l'Empire russe où il sera major dans un régiment de Dragon de Moscou. Le voyage débute en calèche ou à pied vers Ratisbonne. A Ratisbonne, tout le monde embarque sur le Danube vers Vienne et Bratislava. De Bratislava le voyage se poursuit à pied et à cheval par Lvov vers la Crimée. Le voyage est long et difficile, plus d'un participant abandonnera en cours de route pour s'en retourner au pays. Le petit groupe de Lucernois a trouvé du travail et est resté à Vienne. 30 à 40 personnes, principalement des enfants, sont mortes sur le chemin de la variole. Sur le chemin, des émigrants allemands vont se joindre aux colons suisses. 228 Suisses parviennent en Crimée au cours de l'été 1804. Il reste 136 zurichois, 19 sont morts sur la route ou ont abandonné. Les Valaisans sont 23, les 69 Suisses restants se répartissent entre Argovie, Berne, Fribourg, Glaris, Grisons, Neuchâtel, Saint-Gall et Vaud. Ils s'installeront dans de misérables cabanes perdues dans la steppe, jusqu'à ce qu'elle puisse déménager, à Pâques 1805, vers l'ancien village tatar de Crimée Dschajlaw Ssaraj près de la route commerciale entre Simferopol et Feodossija, sur les rives de l'Indole. Le village est immédiatement rebaptisé Zürichtal.
La vie de ces émigrants va être très difficile dans cette région sans le moindre arbre : les tisserands et les fileurs n’avaient aucune expérience de l'agriculture et les paysans avaient à traiter avec le climat et un sol très éloigné de ce qu’ils connaissaient. Les colons front face aux criquets, aux maladies et aux mauvaises récoltes. Les premières années, les morts se comptent par dizaines 25 familles venues de régions voisines, principalement catholiques, renforcent la colonie en 1810. Peu à peu la situation des colons s'améliore. Ils élevaient principalement des moutons et du bétail, cultivaient le blé et parviendront à introduire des arbres fruitiers et de la vigne. Ils ont construit un moulin sur l'indole, ils pourront acheter des terres supplémentaires achetés et jouissaient encore des avantages fait à tous les immigrants. En 1918 la colonie recense 590 habitants, 738 en 1926. Jusqu'en 1822 un pasteur évangélique visitait la colonie une fois par an et l'office se tenait à la taverne. En 1820 ils construisent une première petite église. La société de la mission de Bâle va réussir à installer à Zürichtal un prêtre suisse, Heinrich Dietrich de Schwerzenbach, dès 1822. Si le pasteur avait en charge la vie spirituelle des colons, il devait aussi assurer le prosélytisme parmi les musulmans qui vivent dans cette région, en particulier les Tatars en plus de la scolarité des enfants. En 1848, Zürichtal compte 74 exploitations avec plus de 32 km² de terre. Bientôt Zürichtal sera considérée comme la plus riche colonie de Crimée. En deux générations la misérable colonie est devenue un établissement prospère. La guerre de Crimée enrichit encore la colonie qui bénéficié des revenus générés par la vente de nourriture à l'armée russe. 1860 marque l'ouverture d'une nouvelle et majestueuse église. Zürichtal devint le siège de la prévôté, la paroisse se composait de 36 colonies paysannes et des villes de Stary Krym, Feodosiya et Kerch. New Zürichtal est fondée en 1860 à sept kilomètres au nord de Zürichtal, l'une des colonies née de la prospérité économique et la croissance démographique. A la fin de la Première Guerre mondiale, il existe 314 établissements de langue allemande en Crimée. En 1918 590 personnes vivaient à Zürichtal qui atteindra 738 âmes en 1926, beaucoup ne sont pas descendants directs des Suisses fondateurs. Au fil des années, de nombreux immigrants allemands se sont installés à Zürichtal. La langue maternelle reste le dialecte allemand, la langue d'enseignement à l'école est le haut-allemand mais tous parlent le russe et le tatar.
Depuis la Révolution la collectivisation de l'agriculture avance à grand pas et se renforce brutalement 1929. Ceux qui refusent de se plier à céder leur bien sont arrêtés et déportés vers l'Oural. Au début des années 1930, l'église est transformée en un centre communautaire, le clocher est détruit. La Seconde Guerre mondiale signifie la fin de Zürichtal. Les Allemands soviétiques sont classés ennemis de l'Etat, sans nuance aucune pour les Suisses de langue allemande. Le 18 août 1941, les habitants de Zürichtal sont brutalement déportés, conformément aux instructions de Staline, vers le Kazakhstan comme ouvriers dans les fermes collectives. Les survivants seront rares et se perdront au plus profond de l'Union soviétique. Les Russes et les Tatars de Crimée vont rapidement investir les maisons vides de Zürichtal. En 1942, les troupes allemandes ne trouveront plus que 960 Allemands cachés en Crimée.
1945, presque tous les noms de lieux allemands ont été changés en russe, en ukrainien ou en crimo-tatar. |
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