Colonisation de la Sierra Morena, entre la Nouvelle-Castille et l'Andalousie, Espagne, par des familles allemandes, flamandes, françaises, italiennes et suisses

DES SUISSES S'INSTALLENT DANS LA SIERRA MORENA EN ANDALOUSIE

Région de la Sierra Morena en 1770
Port de Sète en 1757
Baie d'Almeria en 1764
Alcazaba de Malaga vu du port
Pablo Antonio José de Olavide y Jáuregui



AVENTURES COLONIALES SUISSES
Emigrations suisses antérieures à Chabag sous l'un ou l'autre de leurs aspects, afin d'effleurer la genèse et le contexte de ses départs vers des horizons inconnus.




PURRYSBURG EN CAROLINE DU SUD
1733, le colonel Jean-Pierre Pury et 400 Suisses romands fondent Purrysburg sur la Savannah. Purrysburg en Caroline du Sud le fruit de l'obsession d'un homme.




KENTUCKY, OUEST DES APPALACHES
1789, plus de 200 Bâlois et Appenzellois s'embarquent pour aller s'établir dans le futur Kentucky en Virginie, des Suisses dans les traces de Daniel Boone.




DEBUT DES EMIGRATIONS VERS VEVAY
1801, commencement d'une émigration successive de Vaudois pour la colonie de Nouvelle-Vevey fondée par Jean-Jacques Dufour, de Montreux, dans l'Indiana.




DE LA SUISSE A L'ETAT DE NEW YORK
1803, 400 Genevois, Vaudois et Jurassiens fondent la Nouvelle-Genève dans l'Etat de New-York. Etat fondateur, New York a rejoint l'Union le 26 juillet 1788.




LE GENERAL KOSCIUSZKO
1804, une colonie de 200 Jurassiens va s'établir en Caroline du Nord sur des terres achetées au général lithuanien Andrzej Tadeusz Bonawentura Kosciuszko.




ZURICHTAL, COLONIE EN CRIMEE
1805, le major Escher de Zurich fonde Zürichtal, une colonie suisse en Crimée. L'histoire de Zürichtal du voyage de Constance à la déportation vers l'Oural.




DU LAC LEMAN AU LIMAN DU DNIESTR
1822, le 19 juillet, quelques vaudois et un glaronnais prennent la route de la Place du Marché de Vevey vers la future colonie de Chabag en Bessarabie.

1768, DES SUISSES VONT REPEUPLER LA SIERRA MORENA

1768, des familles suisses partent s'installer dans la Sierra Morena

Le repeuplement de la Sierra Morena a été confiée à un digne représentant et acteur du siècle des Lumières : l'écrivain, juriste et administrateur espagnol d'origine péruvienne, Pablo de Olavide, un des nombreux Aventuriers de son époque. Des colons venus d'Allemagne, de Hollande, de France, d'Italie et de Suisse ont embarqué à Sète vers, Almeria, Malaga et Sanlucar de Barrameda, avant de gagner la Sierra Morena tandis que d'autres on rejoint l'Andalousie par la terre à l'appel de Pablo Antonio José de Olavide y Jáuregui.

Si aujourd'hui, au plus profond du coeur même de l'Andalousie, du sang vaudois côtoie les Toros, c'est par la grâce de l'Hidalgo Pablo Antonio José de Olavide.



PABLO ANTONIO JOSE DE OLAVIDE Y JAUREGUI

L'Hidalgo Pablo Antonio José de Olavide y Jáuregui

Pablo Antonio José de Olavide y Jáuregui est né le 25 janvier 1725, à Lima fondée par Francisco Pizarro le 18 janvier 1535. Il est le fils aîné de la famille de Martin de Hidalgo Navarre Olavide, comptable de la Cour des comptes de Lima, et Ana Maria Jauregui. Pablo Antonio José sera élevé au Colegio Real de San Martín, le collège royal jésuite de Saint-Martin de Lima. A quinze ans il est titulaire d'une licence de théologie de l'université royale et pontificale de San Marcos, la principale université du Pérou. Dès 1742 il y tient une chaire et devint auditeur au tribunal royal de Lima, à peine âgé de vingt ans, en 1745.

Pablo Antonio José de Olavide y Jáuregui est nommé administrateur des biens des victimes après le tremblement de terre qui détruisit Lima le 28 octobre 1746. Il est vite accusé de profiter de sa charge pour s'enrichir. Son père ayant déjà fui en Espagne en laissant de nombreuses dettes, Olavide n'hésite plus à se faire passer pour mort.

En Septembre 1750, il s'embarqua pour l'Espagne. Après de nombreuses escales dans des ports de l'Amérique du sud, Pablo de Olavide débarque à Cadix en juin 1752. Par Séville il rejoint à Madrid avec des lettres de recommandation de son ami le Marquis de la Cañada.

Il est rapidement fait chevalier de l'Ordre de Santiago, aussi appelé ordre Saint-Jacques de l'Epée, un ordre militaire et religieux catholique. Deux ans plus tard son passé le rattrape et il est incarcéré, le 19 Décembre 1754, à la demande du procureur de Lima, pour corruption dans l'exercice de ses charges. Il sera remis en liberté provisoire jusqu'à ce que son dossier soit classé définitivement en 1757, après qu'il eut renoncé à toutes responsabilités publiques dans les colonies.

Pablo de Olavide avait épousé une riche veuve de vingt ans son aînée, Isabel de los Rios, en 1755. Ce mariage a changé radicalement sa façon de vivre. Il pourra enfin régler la très élevée finance d'admission à l'Ordre de Santiago. Ces épousailles lui permettent aussi de continuer à s'engager dans des opérations commerciales substantielles et de réaliser ses rêves de voyages. Il parcourra l'Italie et surtout, longuement, la France, même si cela implique le temporaire abandon de son épouse, entre 1757 et 1765. Il visitera Marseille, Lyon, Florence, Rome, Naples, Venise, Padoue, Milan et enfin Paris. Lié d'amitié avec Diderot et Voltaire il séjournera même à Ferney.

A son retour en Espagne en 1765, il ouvre un salon depuis lequel il diffuse les idées des Lumières. Imprégné de culture française, grand lecteur, curieux de toutes les nouveautés, il gagna rapidement la confiance des ministres réformistes de Charles III. Pablo Antonio José de Olavide y Jáuregui renoue avec la fonction publique quand ils le nommèrent corrégidor, fonctionnaire royal, de Séville en 1767. Il y développe, entre autres activités, un audacieux programme de réforme universitaire. Dans son salon, où sa riche bibliothèque était à la disposition de ses amis, se retrouvaient de nombreuses personnalités. Gaspar Melchor de Jovellanos, futur écrivain et homme d'Etat espagnol, alors jeune magistrat, tira un grand profit de ses échanges avec un esprit aussi ouvert que celui de Pablo de Olavide.

Pablo de Olavide a été chargé de repeupler la Sierra Morena dès 1767. Il s'est dépensé sans compter dans ce projet connu sous le nom de Nuevas Poblaciones de Andalucía y Sierra Morena, et obtint des résultats rapides et prometteurs. Mais Pablo de Olavide, grisés par ses succès et ses soutiens haut placés, devient imprudent et s'attaque à l'Eglise :
il se permet des déclarations sarcastiques sur les dévotions populaires qu'il qualifie de superstitions ;
il interdit les inhumations dans les églises et la vente d'indulgences ;
il critique les aumônes et prétend que pour réduire la misère il serait meilleur de créer des postes de travail ;
il se moque des moines qu'il traite d'ignorants.
C'en est trop : les moines, Capucins en tête, le dénoncent à l'Inquisition. D'après eux, Olavide posséderait des livres interdits et des tableaux lascifs, ne respecterait pas les jeûnes obligatoires et, par dessus tout, serait un incrédule adepte du système copernicien. L'Inquisition le jette en prison en 1776 et le condamne, en 1778, à huit ans de réclusion dans un couvent.

Olavide s'enfuit rapidement. Il trouva refuge en France où il assista à la Révolution. La Convention lui donne plusieurs postes, et il reçoit le titre de Citoyen adopté de la République française. Pendant la Terreur, qu'il critique, il se retira dans le petit village de Meung-sur-Loire Le Comité de Sécurité publique ordonne son incarcération et il est conduit la nuit du 16 avril de 1794 à la prison d'Orléans. Détenu par les Montagnards, il sera libéré après le 9 Thermidor.

En 1798 il revint en Espagne à l'invitation de Carlos IV qui l'a amnistié de toutes ses condamnations et lui a accordé une pension. Il publie à Valence son El Evangelio en triunfo, Le triomphe de l'Evangile. Olavide s'éteindra le 25 février 1803 à Baeza, dans la province andalouse de Jaén.


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